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Contre le Front National : Opposition Frontale

Les résultats de l’élection législative partielle du Doubs sont maintenant connus : le PS a gagné d’une très courte tête.
Son candidat, Frédéric Barbier, remporte ce dimanche 8 février le 2ème tour face à son adversaire FN Sophie Montel avec 51,43% des voix contre 48,57%.

Cette élection marque, donc, une nouvelle avancée du Front National. Ne nous voilons pas les yeux. Cette élection est un signal parmi d’autres (sondages, etc…) que nous devons absolument recevoir. Ce signal est porteur d’une vérité simple : avec près de 30% des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2017, Marine le Pen est en tête du premier tour ainsi simulé. Si le deuxième tour l’oppose au candidat du PS, (situation possible, en cas de candidature multiple à droite et au Centre), alors, elle est en situation de gagner l’élection présidentielle.

Scénario catastrophe ? Voir… en tout cas, les résultats, en provenance du Doubs, nous envoient un signal d’avertissement supplémentaire et solennel. Que faut-il en faire ? D’abord, réaffirmer une nouvelle fois notre ligne politique d’opposition frontale au FN. Ensuite tirer trois leçons majeures notamment en prévision des élections cantonales et régionales à venir.Le fond, les convictions d’abord. La seule ligne politique à la fois moralement tenable et fondée électoralement est, pour les candidats de la droite républicaine et du Centre, l’opposition frontale avec le FN, et ceci dès le premier tour de scrutin.

Notre opposition frontale avec le FN se fonde sur une triple divergence irréductible:

– Divergence irréductible sur le vivre ensemble: le FN, avec ses obsessions xénophobes, ne pourra s’empêcher de faire des immigrés et de la population d’origine étrangère, le bouc émissaire de tous nos problèmes. Cela amènera immanquablement chez nous un niveau de violence et de conflit civil dont nous ne voulons à aucun prix.

– Divergence irréductible sur la construction européenne: lorsque les étrangers ne sont pas la cause de nos problèmes, pour le FN, c’est du côté de l’Europe qu’il faut chercher : sortie de la zone Euro, arrêt de la construction Européenne, réactivation des frontières nationales… bref, la marche arrière sur 60 ans de construction européenne. Inadmissible pour nous, militants centristes et donc pro-européens.

– Divergence irréductible sur le programme économique: relèvement du SMIC, hausse des petites retraites, relance des dépenses d’investissement. Le programme du FN, qui ne reculera devant l’exploitation d’aucune misère et fera preuve de toute la démagogie imaginable, est un programme d’extrême gauche qui aura « le succès » et fera les dégâts d’un programme d’extrême gauche.

Voilà pour les convictions.
Encore une fois, faire le constat de ces divergences irréductibles ne nous rend en rien aveugles sur le travail à faire sur l’immigration, la démocratisation européenne, la sécurité, etc…

Passons maintenant aux trois leçons urgentes et opérationnelles pour la Droite et le Centre si nous voulons éviter de graves désillusions aux élections locales prochaines.
D’abord, avant le 1er tour : il nous faut impérativement revoir les modes de désignation de nos candidats.
Que cela nous plaise ou non, la base électorale de la droite et du Centre s’est réduite, souvent entre 30 et 35%, et nous avons bel et bien basculé dans un système tripartite PS-gauche, UMP-UDI, et FN où chacun de ces blocs pèse autour de 30%.

Le temps de primaires au 1er tour des élections entre des candidats de la droite et du Centre est fini. Si la droite et le Centre sont divisés au 1er tour, ils sont éliminés très souvent, dès le 1er tour. Comment fait-on pour départager les équipes concurrentes avant le 1er tour ? Négociation UMP/UDI au niveau départemental ? Faire voter un corps électoral composé de tous les conseillers municipaux de notre canton et de notre sensibilité ? A chacun de trouver la meilleure solution locale… bref, nous devons nous initier aux délices des primaires ouvertes avant le 1er tour.

Ensuite, pendant la campagne du 1er tour : pendant trop longtemps, nous avons eu au premier tour la ligne politique du « silence intéressé » : le moins on parlait du FN, le mieux c’était, et ainsi on n’offensait pas ses électeurs en espérant leur report sur nos candidats au 2ème tour. Cette ligne a échoué à bloquer la progression du FN. Pire, elle est suicidaire politiquement pour les candidats de l’UMP et de l’UDI. Et ceci pour une raison simple, avec une participation autour de 50%, un seuil de qualification pour le 2ème tour à 12,5% des inscrits (soit environ 25% des exprimés), une moyenne de 4 à 5 candidats, les triangulaires vont pratiquement disparaitre. Le plus souvent, seuls seront qualifiés les deux premiers.
PS, FN et nos candidats sont engagés dans une compétition éliminatoire dès le premier tour. Ils doivent donc être offensifs contre le PS et contre le FN dès le premier tour sous peine d’élimination précoce pour cause de 3ème place.

Enfin, la fameuse campagne du 2ème tour et la question du Front Républicain. Essayons d’être clairs et précis.
Si j’avais été électeur dans le Doubs ce Dimanche, j’aurais voté PS sans aucun plaisir, mais sans hésitation. Je considère en effet l’Assemblée Nationale comme un lieu de pouvoir national essentiel au sein duquel la présence de l’extrême-droite ne doit en rien être facilitée. Mais ceci dit, il est urgent de ne pas faire d’amalgame douteux. Le front républicain a toute sa pertinence au niveau national (élection présidentielle, élections législatives). Au niveau local, c’est une autre histoire.

Pour prendre un exemple précis, celui de ma ville, Agen, il y a des élus FN au Conseil Municipal d’Agen depuis 1995. Nous les respectons comme des élus légitimes d’opposition. Mais, en dehors de toute participation à l’exécutif local, ils n’ont jamais pesé en rien dans nos politiques locales. La ligne rouge des républicains, au niveau local, ce n’est donc pas la déclinaison locale du Front républicain, c’est le refus absolu de toute alliance –électorale ou exécutive – avec le Front National et donc le refus absolu de sa participation aux exécutifs locaux que nous détiendrons.

La progression continue du Front national a été confirmée dans le Doubs. Il est urgent que nous en tirions toutes les conséquences politiques et que nous les mettions en œuvre, vite et sans trembler.

Jean DIONIS DU SEJOUR
Maire d’Agen – Secrétaire Général du Nouveau-Centre

2 comments

  1. Article fort sympathique, une lecture agréable. Ce blog est vraiment pas mal, et les sujets présents plutôt bons dans l’ensemble, bravo ! Virginie Brossard LETUDIANT.FR

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